samedi 21 Mai 2005

Ce vendredi fut douloureux & pourtant si tendre. Tes yeux émerveillés devant le petit magasine de Spider-man que j’avais apporté & ensuite cette hargne & ce désir violent de me dire par le verbal & le non verbal, par les yeux, par les mains, par les cris, par les larmes, par tout ce que tu es, me dire combien tu peux m’en vouloir de ne pas comprendre que nous soyons séparés, de ne pas comprendre ce qui arrive dans ta petite vie à peine commencée, de comprendre comment dire avec des mots ce que ton cœur sait.

Des mots durs, de la violence physique, un tremblement de ton être sont les signes que tu souffres & que tu veux toute mon attention, tout mon amour, TOUT avec cet absolutisme des sentiments dont les enfants sont capables. Alors moi, pauvre père ne sachant trop la psychologie & toutes ces « sciences », je te laisse exprimer cela & chacun de tes coups, chacune de tes paroles acérées m’atteignent. Et alors, nous laissons parler les cÅ“urs, je te prends dans mes bras, je t’embrasse, je te serre contre mon cÅ“ur, & toi, alors, tu deviens miel, ton corps se détendant subitement, tu profites de ces quelques instants dans les bras de ton « papa » pour prendre un maximum de ce que je ne peux t’offrir plus souvent. Nous restons là, après cette courte bataille que tu viens de livrer, lessivés, souffrant mais apaisés malgré tout, apaisé de nous retrouver au-delà des mots & des faux-semblants. Nous sommes dans un instant qui semble éternel & pourtant si fugace ! Je sens ton odeur, je sens ta chaleur, je ressens alors le bien que cela te fait d’exprimer physiquement, durement, implacablement, cette souffrance dont je suis & resterai l’un des responsables. Et moi, qui si suis parfois si nul à transmettre ce que je sens & ce que mon cÅ“ur voudrait dire & que les lèvres taisent, je laisse parler mon corps & mon âme, en une silencieuse symphonie de l’amour paternel. Et lorsque nous sommes ainsi, rien ne peut nous atteindre, ni le lieu, ni les circonstances, ni dieu lui-même ! Que me font ces regards « d’hommes » qui ne comprennent pas pourquoi je te laisse exprimer ta violence contre moi ? Qui suis-je pour t’empêcher de dire ta souffrance ?

Comme il est étrange également de voir tes sÅ“urs - si promptes à ne point vouloir partager ce dont elles manquent tout autant que toi - te laisser ainsi & te regarder dans mes bras avec un air satisfait & presque heureux. Tant de sagesse à leur âge !

Tu es le « petit dernier », tu es le « petit bout », tu es le Chéri cependant & moi, pauvre père dépouillé par la justice des hommes de ces moments, je serai ton Spider-man, je laisserai ces policiers me prendre, rien que pour avoir la chance de voir ton visage irradier de bonheur… Tous tes rêves je pourrai les réaliser avec cette force que tu me donnes…

Mon Chéri, David, combien ai-je été bête de point plus donner lorsque nous avions tout l’avenir devant nous ? Que ne donnerais-je pour revenir en arrière ? Mais cela est une autre histoire, éternelle aussi, l’histoire des regret & des « si »…

Je T’aime mon Chéri, Papa Vous aime mes Etoiles « Retrouvées ».

Papa