Larmes...
Par Papa, vendredi 19 août 2005 à 17:01 :: Les Archives :: #22 :: rss
samedi, 13 août 2005
Mes Etoiles,
Ce samedi est passé trop vite... Deux heures c'est si court pour dire tout ce que l'on veut dire, à peine arrivé on doit déjà se quitter, il reste tant à dire, à faire...
Mon coeur est serré ces derniers temps par votre silence. Je vois bien que mes questions, anodines & ne portant jamais sur votre maman ou sur sa vie, vous bloquent comme si l'on vous avait dit de ne pas parler. Peut-être suis-je parano de penser cela, mais dès que je pose une question sur ce que vous avez fait de votre semaine, sur vos copains et copines, bref sur votre vie sans moi, je vous vois vous fermer, vous baisset les yeux, génés, mal à l'aise, et vous éludez la question comme vous pouvez. Je respecte cela même si chaque fois c'est un coup de couteau dans mon âme & dans mon coeur. Pourquoi ce silence, pourquoi ce sentiment que l'on vous interdit de me parler de votre vie ? On m'a déjà tout pris, les moments que vivent tous les pères & leurs enfants, vos soucis comme vos bonheurs, on m'a ôté le droit de vous voir librement, de me promener avec vous sous le soleil & la pluie, de jouer, de rire, on m'a ôté le droit de vous aider dans vos études, de donner mon avis sur votre avenir. On m'a repoussé en dehors de votre comme un étranger et je ne doute que l'homme qui est à présent avec votre maman a plus de chance que moi. On m'interdit d'avoir un juste droit de regard sur vos maladies, vos malheurs, vos bonheurs, vos succès ou vos échecs. On m'ôte le pouvoir d'être un soutien, un mouchoir, bref d'être un père. Car, il est simple de se dire père, mais c'est dans les actes que l'on retrouve le sens de ce mot, or de ces actes aucun ne m'est autorisé par votre mère. Je ne suis plus que le fantôme de votre papa que l'on voit passer rapidement deux heures par semaine. Que l'on vous change d'école sans rien me dire, que l'on vous fasse hospitaliser, je ne suis jamais tenu au courant. Ah, la rage qui me prend en écrivant cela. Mais qu'y puis-je ? La force je l'ai, l'envie je l'ai, mais je sais également que c'est sans issue. Même un nouveau jugement ne me rendre jamais ce que l'on m'a volé. La triste vengeance que voilà , quel prix à payer pour avoir osé quitter votre maman ! Puisque je ne veux plus d'elle, elle me retire à vous, elle m'exile & tente par tous les moyens de me pousser au suicide, de briser ma vie, elle me harcelle afin que j'abandonne la partie. Afin que je vous abandonne. Mais elle ne sait pas que c'est sans espoir, car au-delà du mot « papa », je suis votre obligé, j'ai désiré votre naissance et je suis librement responsable de votre vie. Oh, non pour la diriger mais pour être là en cas de coups dur ou, je l'espère aussi, durant les moments de joie ! Mais ce silence, mon dieu qu'il est cruel & qu'il fait mal ! C'est comme si Vous étiez plus loin de semaine en semaine... Comme si je Vous perdais à nouveau.
Ainsi, je ne puis rien, je ne peux rien savoir de vos vie & mes questions – que je ne poserai plus à présent – resteront toujours sans réponse. Je ferai mon deuil de ces instants à jamais volés. J'imaginerai donc, je vous imaginerai jouant, riant, pleurant, courant, ... Bref, j'imaginerai votre vie sans moi, c'est tout ce qui me reste. C'est dur, c'est terrible, mais cela réchauffe mon âme.
Comme si cela ne suffisait pas, je viens de découvrir par hasard – car on ne peut demander à un enfant de se taire sur tout – que votre maman jettait les jouets ou les livres que je vous achète. Ainsi, même cela est trop pour elle. Quelle haine doit-elle me vouer pour agir ainsi ? Morgane, tu m'as avoué que le livre que je t'avais acheté pour t'aider à faire des exercices, ta mère l'avait jeté. Et en partant, ces petis jouets que je vous avais pris ce samedi, vous avez insisté pour que je les emporte avec moi. Vous avez alors dit que vous aviez peur que maman de les jette... Est-ce vrai ? Je n'ose imaginer que cela soit vrai malgré tout. Mais pourquoi mentiriez-vous ? On me dit que je devrais en parler aux asistants sociaux, mais je sais que cela ne servira à rien. Si c'est vrai, c'est domme pour vous, et mon impuissance me fait si mal, mais c'est encore pire pour vous, car comment pouvez-vous comprendre de tels actes ?
Et ce samedi, en partant, quelle douleur ! J'ai cru que j'allais mourir tant la souffrance était forte et puissante. David, mon Etoile, lorsque je t'ai dit que je devais partir, ces larmes, ce visages qui se décompose par la douleur & par la tristesse ! Flèche en mon coeur ! Flèche en mon âme ! Petite mort avant l'heure ! La pièce semblait se décomposer, tout tournait & vibrait étrangement, le souffle court, le coeur comme explosé sous le coup... L'impuissance ! Ah l'ignoble sentiment d'impuissance face à ta tristesse ! Et Tes yeux qui s'emplissaient de larmes comme jamais je ne l'avais vu chez Toi avant... Elles coulaient sur moi comme de l'acide puissant. J'ai fait ce que j'ai pu, je t'ai serré dans mes bras, je t'ai parlé, je t'ai dit l'Amour & la Joie. Je n'avais jamais eu à te consoler de cette manière, d'une douleur qui semblait si forte en Toi... J'ai alors eu le sentiment, en voyant Ton petit visage s'illuminer à nouveau, d'être Papa ! Et ce Papa, mes Etoiles, sera toujours là pour Vous, il survivra à tout ce que la vie lui apportera de plus vil & de plus ignoble afin de se tenir debout pour Vous.
Je Vous aime & je Vous embrasse mes Etoiles,
Papa



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