Souvenirs (1)...
Par Papa, vendredi 19 août 2005 à 12:21 :: Les Archives :: #3 :: rss
Jeudi 15 Juillet 2004
Mes Etoiles,
On peut tout nous prendre dans une vie, tout voler, tout détruire, sauf les souvenirs et les rêves. Vos souvenirs meublent mes journées, mes désespoirs et mes espoirs, ils brûlent en moi comme autant de Feux Sacrés, et cette chaleur jamais la froide mélancolie de ce monde cynique. J'ai tout perdu, je ne peux pas Vous voir, mais Votre image est gravée pour l'éternité en mon âme, partout où j'irai, Vous serez et personne jamais ne pourra rien y faire. Il se peut que nous ne puissions pas nous voir avant quelques temps et j'espère que Vous aussi avez encore le souvenir de moi et de qui est votre père.
Je me souviens il y a 150 jours la joie de nos trop brèves retrouvailles sur ce trottoir miteux, avec mes affaires éparpillées comme autant de cadavres d'une vie en ruine. Même Toi David Tu m'as reconnu, malgré les kilos en moins, malgré le chapeau, malgré la boucle d'oreille, malgré les mois de séparation.
Je regarde Vos photos sur mon bureau et je me souviens de tout. Je revis le jour de l'annonce de chacune des grossesses : un coup de massue euphorisant pour Morgane, une crainte heureuse pour Hélène, la danse du fou pour David. Les réactions dépendaient de l'époque, ainsi nous vivions un moment de crise au moment de l'annonce de la grossesse pour Hélène. Nous avions l'amère et moi décidé de nous séparer, la crise était dans notre couple, et l'amère pensait avorter. Heureusement, elle ne pouvait le faire. Pour David, notre couple vivait ses derniers temps de bonheur et ce fut une réelle joie.
Je revois les séances d'haptonomie pour Morgane. Cette découverte de la caresse, les premiers contacts avec Toi qui bougeais en harmonie avec ma main. Et avec quelle force Tu pressais Ton petit corps sur la paroi du ventre afin d'être plus encore en contact avec la main. Quel bonheur ! Jamais aucun mot ne pourra jamais retranscrire le bonheur et le plaisir de Te sentir, Etoile précieuse, vouloir déjà affection et tendresse.
Je revois également chaque accouchement. Les moments d'attente, de stress, de douleur, de peur, tous ces moments préludes à Votre arrivée sont dans la mémoire de mon coeur. Morgane, je revois Ta petite tête sortant, bleue, le cordon ombilical autour du cou. Mon coeur s'est arrête alors pendant quelques secondes, silencieusement j'ai prié dieu que cela ne soit pas vrai. Et miracle, Tu vivais, et avec quelle voix l'as-Tu annoncé au monde !
Les premières heures, quel univers parallèle merveilleux Tu m’as alors offert ! Je volais, j’étais un dieu dans le Jardin d’Eden, j’étais tout l’univers car j’étais Ton père et Toi ma fille.
Je suis le premier à T’avoir changer les couches, je suis le premier à T’avoir pris dans les bras, Te souviendrais-Tu de ces moments où pour Te calmer lors des soins je Te tenais les pieds et Te caressais pour Te réchauffer ?
Non, Tu vois Morgane, personne jamais ne pourra me faire oublier qui je suis, ne pourra effacer ces magnifiques moments de ma mémoire, de mon cœur et de mon âme.
Papa en ce 150e jour de l’Horrible Absence.



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