Ce samedi, aprĂšs deux semaines de sĂ©paration, ce fut bon de Vous retrouver mes Etoiles. Le temps passe sans doute trop vite car lorsque je Vous je revois aprĂšs une telle sĂ©paration Vous semblez tellement changĂ©s. Ne Vous voyant pas tous les jours, je peux me rendre compte combien Vous grandissez, malheureusement loin de moi. Votre vie semble si lointaine de moi Ă  prĂ©sent, je ne connais que si peu de chose de Vous, juste ce que Vous m'en dites lors de nos rencontres. Et c'est lĂ  la plus grande perte, avoir l'horrible impression que bien que Vous soyez mes enfants, j'en sais moins sur Vous que le premier venu. Cela me rend triste, mĂȘme si j'essaye d'en savoir le plus possible sur Votre vie loin de moi : quels sont Vos amis, Vos jeux prĂ©fĂ©rĂ©s, Vos habitudes, Vos peines du moment, ... Toutes ces petites choses que l'on voit Ă  peine dans une vie normale, mais qui me manquent ĂŽ combien ! Cela reste dĂ©licat toutefois car je ne veux pas que Vous puissiez avoir l'impression d'un interrogatoire dĂ©sagrĂ©able mais plutĂŽt d'une soif de Vous connaĂźtre et de ne pas laisser le vide s'installer entre nous. Et je pense que c'est ainsi que Vous l'entendez Ă©galement.

Comment en arrive-t-on lĂ  ? Pourquoi dois-je subir cela alors que je n'ai rien Ă  me reprocher vis-Ă -vis de Vous. Je ne suis pas le pĂšre modĂšle, mais j'ai toujours essayĂ© de faire mon possible pour Vous et de Vous apporter tout l'amour dont je peux ĂȘtre capable. Penser que Vous ĂȘtes l'arme de la vengeance de Votre maman m'est pĂ©nible, non pour ma souffrance mais pour Votre propre souffrance, pour les consĂ©quences que cela peut avoir sur Votre vie. Pourquoi devons-nous venir au "centre d'accueil" est la question qui revient sans cesse. Comment Vous rĂ©pondre, moi qui ne comprends pas comment on en est arrivĂ© Ă  cet exil forcĂ© ? J'aimerais Vous dire que tout est de ma faute, que Votre maman n'y est pour rien, et c'est difficile. Difficile de ne pas rager contre une situation incomprĂ©hensible et cruelle qui ne me vise que moi au-delĂ  d'une volontĂ© de me dĂ©truire que je ne peux comprendre. Alors, je me tais et j'essaye de Vous expliquer que Papa a Ă©tĂ© malade, qu'il vit loin et ne peut Vous hĂ©berger, mais que Papa va Ă©galement se battre pour Vous voir en dehors du centre d'accueil le samedi. Je sais que Vous ressentez un mensonge dans cela. Mais qu'y puis-je d'autre sans devoir charger Votre maman, ce qui me rĂ©pugne au plus haut point. Vous n'ĂȘtes pas des soldats ou des armes dans une guerre qui n'existe qu'entre Vos parents et je ferai tout pour Vous l'Ă©pargner, devrais-je pour cela ne plus Vous voir...

Mais, ne plus Vous voir serait une blessure encore plus grande pour Vous. Alors oui, je me battrai en Ă©vitant d'entrer dans le mĂȘme jeu que Votre maman. Et si chaque semaine, ou presque, Vous arrivez avec des questions induites par des attaques ou des mensonges de Votre maman contre moi et bien je Vous dirai simplement la vĂ©ritĂ©, comme je l'ai toujours fait. Bien sĂ»r, j'ai menti Ă  Votre maman, mais Ă  Vous jamais, j'ai trahi Votre maman mais Vous jamais. Alors lorsque j'entends des phrases comme "pourquoi n'es-tu pas venu vendredi dernier. Maman dit que tu mens, maman dit que t'es con, maman dit que tu vas nous kidnapper, maman ..." et bien cela me fait mal, mal pour Vous qui devenez les agents de transmission de la haine et du venin de Votre maman envers moi. Et alors, que puis-je Vous rĂ©pondre d'autres que si je ne peux venir toutes semaines, c'est parce que je vis loin, que je travaille dans un autre pays et que les dĂ©placements sans voiture sont longs et que je ne peux parfois pas partir plus tĂŽt du travail... Combien il est facile pour Votre maman de me charger ainsi, moi qui suis loin, moi qui ne peux me dĂ©fendre, moi qui ne Vous prends pas Ă  tĂ©moin pour ma dĂ©fense. Et, de plus en plus, je sens que j'agis correctement car mes rĂ©ponses sont sincĂšres et honnĂȘtes. Et lorsque je Vous demande si cela Vous fait plaisir que je puisse obtenir de Vous voir en dehors du centre d'accueil, Votre rĂ©action est effrayant : "maman dit que c'est dangereux car tu vas nous prendre et on ne verra plus notre maman". Mon dieu, une horreur pareille issue d'une femme que j'ai aimĂ© pendant 13 annĂ©es !!! Vous kidnapper ? Et pour Vous emmener oĂč, dans quel but ? Et quel monstre serais-je de Vous sĂ©parer de Votre maman. Suis-je un bandit ou un terroriste ? Non. Ces accusations d'enlĂšvements sont tellement bĂȘtes et mĂ©chantes que j'ai des difficultĂ©s Ă  Vous expliquer que je ne risque pas de faire cela. D'ailleurs mes explications sont inutiles car lorsque nous en parlons, Vous comprenez vite que cela n'est que mensonges et je vois dans Vos yeux l'espoir de revivre normalement avec Votre papa, comme tous les enfants le mĂ©rite sur cette terre.

Mais alors, que devez Vous penser de Votre maman ? Cela me fait peur parfois et j'ai la tentation d'accepter les accusations pour Vous faire moins de mal. N'en veuillez pas Ă  Votre maman, elle a souffert et souffre sans doute encore de notre rupture, mĂȘme si elle essaye de se convaincre du contraire. Comment autrement comprendre une haine pareille, haine qui reste toujours attachĂ©e Ă  un amour qui s'exprime de maniĂšre diffĂ©rente. Dans l'alternative, elle se ficherait bien que nous soyons ensembles, que je vive ma vie loin d'elle, que je puisse continuer Ă  ĂȘtre Votre papa autrement qu'un samedi ou un vendredi par semaine.

Cette rupture Vous fait mal Ă©galement et je le ressens au plus profond de mon ĂȘtre et de mon Ăąme. Vous ne comprenez pas cette sĂ©paration ni ce qui a pu la causer, mais Vous savez que je suis Votre papa, que je Vous aime et qu'au-delĂ  de tous les saletĂ©s et de tous les ignominies que l'on peut essayer de Vous mettre en tĂȘte, je suis Votre papa et que je le resterai.

Et, en juin, lorsque je passerai devant le juge de la jeunesse pour me dĂ©fendre contre la tentative de Votre maman de me retirer les droits de visites, je Vous promets de me battre pour Vous, pour Nous. Votre maman peut bien utiliser les textes que je publie sur l'internet, mes centres d'intĂ©rĂȘts, mes idĂ©es et mes humeurs, elle peut bien tenter de m'obliger Ă  retirer Vos photos qui Ă©taient sur ce blog, me menacer de Vous enlever Ă  moi, je me battrai. Je ne suis plus cet homme cassĂ©, soignĂ© pour dĂ©pression, seul (grĂące Ă  ses mensonges) et abandonnĂ© de tous, je ne suis plus l'homme sur-mĂ©dicamentĂ© qui n'a rien compris de ce que le juge de paix dĂ©cidais lors du divorce d'avec elle. Je suis sorti de la dĂ©pression, je suis gonflĂ© Ă  bloc et je prĂȘt Ă  me battre contre tous pour que la vĂ©ritĂ© - cette vĂ©ritĂ© que tous semblent vouloir oublier - Ă©clate : je Vous aime et Vous m'aimez, de cet amour qu'ont les enfants pour leur papa, de cet amour qui doit se construire et se consolider et se cultiver au-delĂ  de la sĂ©paration de Vos parents.

Je Vous embrasse et je Vous aime.

Papa.